Notes de lecture

Parler de climat sans plomber l’atmosphère de François Gemenne, éd. Odile Jacob, 05/2026
« Je suis frappé non seulement par le fait que l’information sur le climat est souvent plombante, mais aussi par le fait qu’elle est généralement centrée sur nous-mêmes.
Si nous voulons réussir la transition, l’enjeu n’est pas tant de parler davantage du climat que d’en parler autrement – c’est la tâche à laquelle je me suis modestement attelé dans cet ouvrage. » F. G.
Partant de 40 questions, parfois provocatrices mais au cœur du débat public, François Gemenne réussit le pari de parler autrement du climat.

Passion Océan de Bruno David, éd. Grasset, 03/2026
Passion océan est à la fois un merveilleux récit et une enquête scientifique : Bruno David, qui a consacré sa carrière de chercheur à la vie marine, actuelle ou disparue, est un conteur né – il partage avec nous son savoir, n’oubliant aucun aspect, depuis la puissance du plancton jusqu’à la température de l’eau, sans oublier la vie énigmatique des grands fonds, les secrets minéraux engloutis, le son des abysses et le projet Atlantropa des années 20. Choses vues, portraits, anecdotes, légendes, une passion portée par une langue belle et universelle, à offrir à toutes et tous !

De la biodiversité comme un humanisme de Marc-André Selosse, éd. Seuil Libelle, 02/26
Durant la campagne présidentielle de 2022, les candidats parlèrent de biodiversité pendant 1 % du temps seulement… sans soulever d’indignation. La biodiversité devrait pourtant préoccuper les citoyens et leurs représentants : elle est un outil au service de notre qualité de vie et, à l’avenir, de notre survie. Car l’humain est à 100 % cousu de biodiversité.

Verts de rage par François Jarrige, éd.Du detour, 04/2026
Qu’est-ce qui fait la spécificité des luttes pour la nature ? L’opposition aux accaparements des ressources et à la destruction de la faune et de la flore n’a pas attendu la fin du XXe siècle. Ce livre, avec ses chapitres synthétiques et ses études de cas, restitue les rythmes et temps forts de la « grande accélération contemporaine ». Quatre périodes sont étudiées au cours desquelles sont décrites les luttes pour la nature et leur répertoire d’action : la nature subsistance dans les mobilisations populaires du XIXe siècle laisse de plus en plus la place à une nature patrimoine qui mobilise d’autres acteurs. Les années 1970 représentent un moment de bascule alors que les destructions s’accélèrent. L’aube du XXIe siècle est dominée par le changement climatique et l’attention au vivant alors que l’urgence environnementale alterne entre reconnaissance et disqualification. François Jarrige est historien, maître de conférences à l’université Bourgogne Europe. Ses travaux explorent les enjeux sociaux et écologiques. Il est, notamment, le co- auteur de La Nature en Révolution : Une histoire environnementale de la France, 1780-1870 (vol. 1), La Découverte, 2025

Comment rendre l’écologie désirable d’Olric de Gélis, Jean-Marc Jancovici, éd. Desclée de Brouwer, 01/26
38 % de climato-sceptiques, à peine 9 % de citoyens qui placent l’environnement au premier rang de leurs priorités : selon l’Agence de la transition écologique, l’action écologique reste impopulaire en France. Comment expliquer une telle inertie face à l’urgence ? Pourquoi responsables politiques, acteurs économiques et citoyens agissent-ils si peu, ou si timidement ? Et surtout, comment faire de la transition écologique non plus une contrainte, mais un projet désirable et partagé ?
Jean-Marc Jancovici et Olric de Gélis échangent autour de cette question essentielle avec réalisme et exigence. Ils examinent ce qui freine encore l’action écologique : un discours souvent perçu comme moralisateur, la crainte d’un renoncement à nos libertés, et cette tension persistante entre la fin du mois et la fin du monde, mise en lumière par le mouvement des Gilets jaunes. Certes, le changement climatique et la transition écologique remettent en question l’ordre établi, demandent des adaptations, obligent à repenser nos modèles. Mais sans en nier les difficultés ni céder à l’utopie, il s’agit de rappeler qu’imaginer un avenir plus durable pour tous demeure essentiel. L’enjeu n’est pas seulement de comprendre, mais d’agir pour continuer à envisager un futur possible avec optimisme et, peut-être, une certaine espérance.

La guerre des métaux rares de Guillaume Pitron, éd. Les liens qui libèrent, 09/25 Transition énergétique, révolution numérique…Politiques, médias et industriels nous promettent un monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires. Cet ouvrage, fruit de six années d’enquête, nous montre qu’il n’en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sécrétons en réalité une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. À rebours des discours dominants, c’est dès lors une contre histoire de la transition énergétique que ce livre révèle. Cette nouvelle édition augmentée tient compte de l’abondante actualité liée aux métaux rares, et est enrichie d’une préface inédite de l’auteur.

Liberté, dignité, habitabilité de Baptiste Morizot et Laurent Neyret, éd. Tracts Gallimard grand format, 04/26 » Sur une terre inhabitable, aucune vie digne n’est possible. » Baptiste Morizot et Laurent Neyret Le monde se défait. Le règne de la force veut balayer les traités, les droits, les principes. Face à cette vague, le droit ressemble à une digue qui ne retient pas la crue. Et pourtant. Sous les torrents de régression, une rivière souterraine coule – lente, puissante, patiente. Elle sourd de l’injustice ressentie par les citoyens, les juges, les experts devant ce que le droit ne sait pas encore nommer : les atteintes aux conditions de la vie sur Terre. Nommer, c’est armer le futur contre ses propres tentations. Ce livre part d’une énigme simple, presque embarrassante : pourquoi le droit de l’environnement, immense et sophistiqué, plafonne-t-il au moment même où les enjeux deviennent existentiels ? La réponse est un vertige. Ce n’est pas un manque de règles. C’est un trou dans la fondation. Il manque une valeur cardinale.