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Nous nous sommes trompés

Photo de Lisa

Nombre de scientifiques et d’associations dénoncent depuis plus de 40 ans les dérives écocidaires de la civilisation occidentale capitaliste, néolibérale.

L’héritage des Lumières nous dépasse, les moyens sont en train de détruire les objectifs, il nous faut maintenant rajouter des supplétifs à notre devise : 

Il n’y a pas de liberté sans responsabilité, 
ni d’égalité sans équité, ni de fraternité sans altérité !

Notre façon de vivre est une impasse, il faut se rendre à l’évidence. Mais lutter pour sauvegarder une planète vivable pour l’humanité et contre un système érigeant l’ego et l’individu comme être suprême qui se suffit à lui-même, englués dans un confort matérialiste qui le mène à sa perte, ne peut passer ni par la culpabilité, ni par la contrainte vécue légitimement comme une punition.

Plus que jamais, l’écologie politique se doit d’être réjouissante.

Il est temps de retrouver notre humanité profonde, reconnaître que nous sommes un animal social, dépendant de ses voisins humains et non humains. Et que cette dépendance, qui est au cœur de notre ADN, nous réjouit. Se prendre en main pour revenir à une société d’entraide, de solidarité et d’adelphité. Se prendre en main pour refuser les diktats des lobbies capitalistes et la déformation des discours martelés par les publicitaires prônant un confort libérateur, flattant démesurément l’ego, alors qu’ils sont en réalité aliénants, oppressifs et en fin de compte destructeurs.

Alors, les enjeux écologiques trouveront naturellement leurs solutions.

En s’érigeant en communauté de vie et d’entraide, pour partager les outils, les ressources (créations « d’outil thèques », développement citoyen des énergies renouvelables), pour s’entraider au sein des SEL (Système d’Échange Local). 

En répondant localement à nos besoins essentiels : une nourriture locale et saine, un artisanat local pour nos véritables besoins (meubles, vêtements, réparation, etc.), une énergie partagée, renouvelable et locale.

En mettant l’éducation, les services, la culture, l’agriculture au plus près de nous.

En créant de l’emploi local proche, réduisant ainsi l’empreinte carbone de nos déplacements tout en nous octroyant du temps pour nos familles, nos loisirs, notre éducation, notre culture.

En se posant les vraies questions : est-ce que cet achat, ces vacances au bout de la planète vont me rendre plus heureux ?

En tant que bon gestionnaire, nous faisons attention à nos finances pour ne pas dépenser plus que nous pouvons, ne pas nous endetter outre mesure. Pourquoi ne pas se poser la même question sur la valeur écologique de notre mode de vie ? Quel est le coût environnemental et social de ce déplacement, de cet achat ? En ai-je les moyens, non pas financièrement, mais en se posant cette simple question : si tout le monde fait comme moi, est-ce que le monde se porterait mieux ou du moins au minimum, n’y aura-t-il pas d’incidence sur la vie sur terre ? La justice et les droits des peuples sont-ils respectés ?

Ce n’est pas se priver de l’accessoire et du confort, mais reconnaître leurs vraies valeurs, bien au-delà de leurs valeurs marchandes. Une valeur sociale et environnementale : les monnaies locales sont de bons vecteurs pour cela. 

Faire plutôt le choix d’un système local et solidaire qui, en plus d’être supportable pour la planète, génère de l’économie et du lien social.  

Ce n’est pas non plus être technophobe, nous avons besoin des scientifiques et des techniques, il y a encore énormément de progrès à faire pour diminuer notre empreinte carbone dans nos activités, pour mieux cultiver nos sols dans le respect de la biodiversité.

La consommation du monde occidental dépasse largement les possibilités de renouvellement des ressources de la biosphère, alors qu’une grande partie de la population mondiale aurait besoin d’être mieux lotie et pourrait vivre confortablement sans pour autant dépasser les ressources naturelles.

La transition écologique sera d’abord locale ou elle ne sera pas !

Nous savons que nos actions individuelles ne représentent que 5 % de la transition écologique nécessaire, mais l’enjeu, ici, n’est pas seulement une transformation individuelle, je pense que nous sommes sur la bonne voie, que nous sommes toutes et tous conscients des  désastres en cours ou annoncés, nous les vivons maintenant et localement. Il s’agit bien de la transformation systémique de la société, de notre mode de vie, de notre façon de consommer, de notre paradigme. Elle ne peut se réaliser que par des actions politiques contrebalançant la dépendance matérialiste par un confort social. Il nous faut maintenant ensemble et en responsabilité nous engager dans nos collectivités à tous les niveaux, agir local et penser global, de nos quartiers à l’Europe. Et c’est en particulier le rôle de l’écologie politique.

Philippe Glorieux


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