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Quel avenir pour les océans ?

Vague sur rocher plage

L’océan est au cœur des recherches scientifiques actuelles et mobilise nombre de climatologues, océanologues et glaciologues mais aussi économistes, sociologues, philosophes et ingénieurs.

Si la communauté scientifique est si concernée par l’état et l’avenir de l’océan, c’est parce que tous les être humains en dépendent directement ou indirectement. L’océan est en effet au cœur des problématiques actuelles de sécurité alimentaire, de ressource en eau douce, de santé et bien-être, d’infrastructures, d’énergie, de transport, d’habitat, de tourisme, de loisir et de culture. 

L’enjeu des recherches scientifiques est de comprendre les causes des phénomènes observés, d’en prévoir les évolutions et les conséquences pour pouvoir s’y adapter et en réduire les impacts, entre autres, sur l’humanité.

Les émissions anthropiques, c’est à dire humaines, de gaz à effet de serre sont à l’origine principale des changements observés :

1- Le dioxyde de carbone en particulier, le CO2, est responsable du réchauffement climatique qui touche non seulement l’atmosphère, mais plus intensément encore, l’océan

2- Le réchauffement de l’océan entraîne sa dilatation : les molécules d’eau réchauffées prennent plus de place et cela entraîne l’élévation du niveau de la mer

3- Le réchauffement climatique entraîne également la fonte des calottes glaciaires et de la glace de mer. 

4- Les apports excessifs de nutriments dans l’eau, liés à l’agriculture notamment, entraînent la prolifération d’espèces invasives, des algues notamment, à la surface de l’eau. Quand une couverture d’algues se développe, elle interdit à la lumière d’atteindre les couches inférieures de l’océan, ce qui empêche la photosynthèse de fonctionner. Sans la photosynthèse, les plantes sont incapables de produire l’oxygène nécessaire à la survie des espèces animales. Les écosystèmes marins sont asphyxiés.

5- Enfin, la dernière menace qui pèse sur l’état de l’océan est son acidification. Le CO2 atmosphérique se dissout dans l’eau et génère de l’acidité qui menace les organismes dits calcaires, disons avec une fine carapace, que sont les phytoplanctons, à la base de la chaîne alimentaire marine.  

Voici donc un état des lieux des changements physiques et chimiques de l’océan en cours : il se réchauffe, le niveau de la mer augmente, la glace fond, l’oxygène diminue et l’acidité augmente.

Les premiers êtres vivants à subir ces changements sont, bien entendu, les écosystèmes marins qui voient leurs habitats se réduire, se dégrader ou disparaître. Mais les changements de l’océan ont aussi évidemment des conséquences sur les activités humaines: les secteurs de la pêche, du tourisme, de l’habitat, du transport, de la culture sont affectés négativement dans toutes les régions du monde. 

Prenons quelques exemples :

Premier exemple : Du fait des changements mentionnés précédemment, les populations marines animales diminuent en permanence, l’abondance des stocks et le potentiel de capture par la pêche se raréfient donc continuellement. Cela affecte les revenus, les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de toutes les communautés qui dépendent de la mer. 

Deuxième exemple : L’élévation du niveau de la mer menace toutes les infrastructures et habitations humaines côtières. 

Dernier exemple : Plus l’océan est chaud, plus il est capable de créer et entretenir des cyclones. Ceux-ci sont donc continuellement plus fréquents, plus intenses et plus longs.  

Ces phénomènes physiques s’accélèrent et s’intensifient à mesure que les émissions liées aux activités humaines progressent. De nos modes de vie et de nos émissions dépendent donc la vitesse  à laquelle les changements se produisent et l’intensité qu’ils ont. Notons également que ces phénomènes sont souvent ce qu’on appelle des “rétroactions positives”, c’est-à-dire que les conséquences alimentent les causes: plus l’océan est chaud, moins il y a de glace de mer, et plus l’océan se réchauffe.

Pour autant, quels que soient les scénarios d’émissions, même les plus drastiques, ces phénomènes vont continuer de s’accélérer et leurs conséquences de s’intensifier aux échelles de vies humaines. La forte inertie de l’océan portera les effets de ces changements sur plusieurs centaines d’années encore. 

L’objectif n’est donc pas seulement de réduire nos émissions mais surtout de réduire les risques associés à ces changements en s’adaptant, pas seulement en réaction aux phénomènes observés mais en anticipant sur la base des prédictions climatiques. Réduire le risque passe par trois piliers : réduire le danger, réduire l’exposition et réduire la vulnérabilité. Un exemple rapide pour chacun de ces piliers : réduire le danger c’est, par exemple, conserver et restaurer les mangroves qui atténuent naturellement les vagues violentes de cyclones. Réduire l’exposition, c’est par exemple ne plus s’installer sur les côtes et déménager une capitale comme Jakarta, condamnée à être submergée à la fin du siècle.

Réduire la vulnérabilité enfin, c’est par exemple mettre en place des protections sociales et des solutions d’assurance envers les populations exposées.

Il est important de rappeler que ces changements ont des impacts qui dépassent les frontières étatiques mais qui ne sont pas géographiquement uniformes pour autant. Chaque région du monde aura à faire face à ses propres particularités. Les populations les plus exposées et les plus vulnérables sont aussi celles qui ont les plus faibles capacités de réponse. Les politiques de gouvernances et les stratégies d’adaptation sont donc à mettre en place à toutes les échelles, locales comme globales. Pour ce faire, il est crucial que chacun et chacune, les citoyens mais surtout les décideurs comprennent les phénomènes en jeu et en mesurent les conséquences

Ergane FOUCHET


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